Faut il avoir peur des ebooks ?

le Kindle d'Amazon

le Kindle d'Amazon

Petit retour quelques années en arrière.

Les lecteurs MP3, avec en chef de file les différentes déclinaisons de l’Ipod d’Apple, ont entraîné la mort du CD sous forme physique.

Les raisons de ce succès étaient prévisibles et au final répondaient à un besoin du consommateur.

La perspective d’emporter dans sa poche l’équivalent d’une collection de plusieurs milliers d’albums représentait un véritable attrait.

Par nature, un album a forcément une durée d’utilisation relativement courte (disons 45 minutes en moyenne).

Prenons l’exemple d’un individu lambda effectuant un voyage en train d’une durée de 2h. Cette personne voulant écouter de la musique pour égayer ce trajet pouvait alors utiliser un lecteur de CD portable.

De par ma propre expérience personnelle, je pouvais parfois emporter avec moi jusqu’à 3 albums mais pour des raisons de confort, il était impossible de se promener avec sa collection de galettes.

L’avènement de l’Ipod a donc comblé un besoin qu’il a lui même créé au final de par ses propres caractéristiques (disque dur offrant un espace de stockage important pour des fichiers numériques).

Nous sommes alors arrivés dans une ère de zapping musical permettant aux consommateurs de choisir instantanément d’écouter le morceau de leur choix.

La notion même de l’album en a été irrémédiablement modifiée.

L’industrie du disque n’a pas su anticiper cette tendance et de nombreuses majors ont rendu les armes.

Dorénavant, on achète des morceaux à l’unité plutôt qu’un album intégral. Bien entendu, beaucoup de personnes continuent encore à acheter le produit physique, nettement plus chaleureux et réel qu’un simple fichier MP3. On assiste ainsi notamment à une hausse croissante des vinyles, réels objets de collection et proposant une qualité audio à faire pâlir n’importe quel possesseurs de lecteur MP3.

Aujourd’hui, le monde de l’Edition se trouve confronté à la même problématique avec l’invasion prochaine des livres électroniques.

Ces produits technologiques nous permettront de lire et consulter toutes sortes de fichiers numériques (éditions de journaux, livres, manuels….) depuis un simple terminal.

Ce qui me chagrine le plus dans cette histoire est le fait que cette fois le besoin du consommateur me paraît nettement moins évident et logique que dans le cas de la musique.

En effet, en reprenant le cas du voyage de 2 heures en train, de nos jours nous pouvons effectuer ce voyage avec un seul et unique livre.

La durée d’utilisation d’un livre peut varier de quelques heures à plusieurs jours selon votre rythme de lecture.

La logique de zapping ne s’applique pas aux livres. Personne ne va par exemple lire 30 pages d’un polar, puis 20 d’un roman autobiographique pour terminer par la lecture de 45 pages d’un livre sur le cinéma polonais.

Quel serait le réel intérêt à emporter avec soi sa bibliothèque de 1000 ouvrages ?

A la rigueur, cette démarche peut fonctionner avec les magasines se prêtant plus à des lectures discontinues étant donné que les articles ne forment pas un unique ensemble justifiant la lecture de chaque page.

Je dois donc avouer que je suis à l’heure actuelle plus que circonspect par rapport à ces ebooks.

Le livre au format physique propose un confort de lecture incomparable avec une lecture sur écran et reste un objet de collection de valeur inestimable. De plus, un livre c’est également une qualité d’impression, une douceur des pages, une odeur, un plaisir de tourner chaque page.

On va bien s’amuser à cliquer sur un bouton pour actualiser les pages sur nos ebooks.

Voir de telles oeuvres réduites en fichier texte me ferait mal au coeur.

Une fois de plus, cette démarche était nettement plus « normale » dans le cas du disque (après tout on n’avait quasiment aucun rapport physique avec ce support; on passait déjà d’une piste à l’autre en appuyant sur un bouton de notre chaine Hifi).

Je vous en prie, rassurez moi et montrez moi que je ne suis pas le seul à avoir peur de cette course à la numéritisation de tous nos produits culturels.

La fin du CD était inévitable, j’ose espérer que celle du livre ne le sera pas dans quelques années !

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3 Responses to Faut il avoir peur des ebooks ?

  1. caco says:

    Je suis pas du tout d’accord, la quantité de livre jeté/détruit rien que pour les manuels scolaire est vraiment importante et cela pose de grave problème d’écologie.
    De plus ca permettrai de pouvoir réduire les couts de production et faciliter l’accessibilité
    Mais aussi pour les auteurs qui n’arrive pas a trouver d’éditeur c’est un très bon moyen de se faire connaitre plus facilement.

    Bref i on arrive à un bon confort visuel, un appareil ergonomique et des prix réduits pour les livres c’est du tout bon.

  2. Zlatan Le Magnifique says:

    tout d’abord merci pour ce commentaire des plus intéressants 😉
    d’accord avec toi sur les livres scolaires ! en effet, on se retrouve souvent inondé de pavés dont on ne lira au final que 2 chapitres pendant le semestre. Avoir tous ses cours sur sur Kindle, ça serait en effet classe et utile.
    Par contre je ne suis pas trop d’accord concernant le point sur la notoriété des auteurs.
    Ils existent déjà de nombreux moyens de faire parler de soit sur Internet pour se créer sa propre communauté de fans désireux de se procurer votre ouvrage.
    Et une des questions qui m’intrigue le plus concerne le piratage.
    Déjà qu’on peut se procurer en toute illégalité sans des films, des jeux vidéos ou des logiciels, ce ne sont pas des fichiers text ou pdf qui vont poser un soucis 🙂
    On pourra s’envoyer par email l’intégrale de l’oeuvre de Tolkien, ça pèsera 10 méga !

  3. caco says:

    Oui le piratage ce sera sans doute le plus gros point noir !
    Car si ils nous envoie un fichier propriétaire plein de DRM les gens vont se plaindre mais si ils nous balancent un vulgaire .txt ça pourra aller très vite car même un bouquin de 1000 pages ça pèse rien et que ci ces reader ont du succès on verra apparaitre des machines qui liront toute sorte de fichier a la manière d’un lecteur mp3 car si avec no lecteurs mp3 on ne pouvait lire que les musiques téléchargé sur Itunes/betport je pense pas qu’on en serait là aujourd’hui avec les lecteur mp3. 🙂

    Mais bon pour réussir ils faut qu’ils arrivent a prendre du recul sur ce qui est arrivé a la musique pour ne pas faire les même erreurs !

    Puis mon Tolkien je le prend rarement en train il est plus gros que mon pc ^^

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